Le polycarbonate alvéolaire est une plaque rigide composée de deux parois (ou plus) reliées par des cloisons internes qui forment une série d'alvéoles remplies d'air. Cette structure en nid, comparable à celle d'une plaque de carton ondulé mais en plastique transparent ou translucide, crée un matelas d'air qui ralentit les échanges de chaleur entre l'intérieur et l'extérieur de la serre. Contrairement à une vitre ou à une plaque pleine, la lumière qui la traverse est diffusée plutôt que transmise directement : les cultures reçoivent un éclairage réparti sur toute la surface de la plaque, sans zone d'ombre nette même quand le soleil est bas, ce qui limite les brûlures sur le feuillage sous les rangs les plus exposés.
Comment cette structure est-elle fabriquée et posée sur une serre ?
La plaque est obtenue par extrusion : la matière est poussée en continu à travers une filière qui lui donne sa forme en double paroi dès la sortie, sans assemblage ni collage a posteriori. Les alvéoles qui en résultent courent dans le sens de la longueur du panneau. Ce détail compte au montage : les canaux doivent être posés verticalement, jamais à l'horizontale, pour que l'humidité qui peut se former par condensation à l'intérieur des alvéoles s'écoule vers le bas et ressorte par des profilés d'évacuation, au lieu de stagner et de favoriser les moisissures. Les plaques se fixent sur l'ossature, en bois ou en aluminium, au moyen de profilés de jonction et de joints qui répartissent la pression et absorbent la dilatation du matériau avec la chaleur ; un panneau mal maintenu par ses profilés finit par grincer ou se déformer au vent.
On trouve plusieurs déclinaisons de cette même famille de matériau. Le nombre de parois varie : un panneau à deux parois, le plus courant sur les serres de jardin, offre une isolation de base et une bonne transparence ; des panneaux à parois multiples, plus épais, ajoutent des cloisons intermédiaires et donc plusieurs couches d'air, ce qui renforce l'isolation au prix d'un panneau plus lourd et un peu moins transparent. La teinte change aussi la finalité : une plaque incolore laisse passer un maximum de lumière, une plaque opale ou teintée diffuse davantage et limite les surchauffes ou les brûlures sur les jeunes plants en été. Le dessin interne des alvéoles, en carrés ou en structure plus complexe selon les gammes, joue aussi sur la rigidité du panneau et sur sa capacité à répartir un choc localisé, par exemple un impact de grêle, sans se fissurer sur toute sa longueur.
Quelles confusions faut-il éviter ?
Le polycarbonate alvéolaire ne doit pas être confondu avec le polycarbonate compact, une plaque pleine et massive du même matériau de base mais sans structure interne : ce dernier se rapproche davantage du verre par sa transparence, alors que l'alvéolaire est plus léger et plus isolant. Il ne faut pas non plus le confondre avec le verre trempé, dont les propriétés optiques et mécaniques sont différentes : le verre transmet une image nette du paysage, l'alvéolaire diffuse et floute ce qu'on voit au travers. Une serre à double paroi désigne justement une serre équipée de panneaux alvéolaires sur l'ensemble de sa surface, pensée pour limiter les écarts de température plutôt que pour offrir une vue dégagée.
Une face du panneau reçoit en général un traitement anti-UV qui protège la matière du jaunissement et de la fragilisation sous l'effet du soleil ; cette face doit être orientée vers l'extérieur au montage. Un film de protection recouvre chaque face à la fabrication et sert de repère pendant le transport et la pose : il se retire juste après la pose, sans attendre : laissé plusieurs jours au soleil, il colle à la plaque et devient difficile à enlever.
Au choix, il vaut mieux comparer l'épaisseur et le nombre de parois annoncés par le vendeur plutôt que de juger un panneau au poids ou à l'aspect : deux plaques d'apparence proche peuvent avoir un nombre d'alvéoles ou de parois différent selon la conception, avec des performances d'isolation qui varient en conséquence. Il convient aussi de vérifier la compatibilité du panneau avec les profilés de la structure retenue et la présence de joints d'étanchéité adaptés, que l'on choisisse une serre en polycarbonate ou en verre ou un modèle adossé à un mur.
À l'entretien, un nettoyage à l'eau claire avec une éponge souple suffit sur la plupart des panneaux ; les produits abrasifs ou les grattoirs rayent la surface et diminuent la transparence avec le temps. Un contrôle périodique des joints et des profilés permet de repérer un défaut d'étanchéité avant qu'il ne s'aggrave. Si de la buée ou de l'eau apparaît de façon persistante à l'intérieur même des alvéoles, cela signale le plus souvent une entrée d'humidité par un profilé mal serti ou un joint fatigué, à reprendre plutôt qu'à ignorer.